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Pourquoi 90% des traders perdent de l'argent ?

19 novembre 2025 par
Pourquoi 90% des traders perdent de l'argent ?
Maxence
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Pourquoi 90 % des traders perdent‑ils de l’argent ?

Les vraies causes, la mécanique chiffrée… et le plan pour inverser la tendance

EMT – Financial School | Centre d’excellence en finance de marché & trading

Résumé en 30 secondes

Le fameux « 90 % » n’est pas un chiffre officiel, mais il traduit une réalité : une large majorité de particuliers perdent de l’argent, surtout sur les produits à levier (CFD, dérivés). En Europe, les régulateurs obligent d’ailleurs les courtiers à afficher la part des comptes perdants : selon l’ESMA, entre 74 % et 89 % des comptes de détail perdent de l’argent sur les CFD ; la FCA (R.-U.) parle d’environ 80 %. Des études académiques sur le day trading montrent la même tendance, parfois plus dure. faculty.haas.berkeley.edu+4ESMA+4ESMA+4

1) D’où vient le mythe des « 90 % » ?

  • Obligation d’affichage des pertes : depuis 2018, l’ESMA impose un avertissement standardisé pour les CFD : les courtiers doivent afficher, pour les 12 derniers mois, le pourcentage de comptes perdants (mis à jour chaque trimestre). D’où des bandeaux de type « 74‑89 % des comptes de détail perdent de l’argent ». ESMA+1

  • Confirmations des régulateurs : la FCA évoque ≈ 80 % de clients perdants sur les CFD. FCA

  • Recherche académique : sur des bases de données complètes, la majorité des day traders perdent ; par exemple, au Brésil, 97 % de ceux qui persistent > 300 jours finissent perdants ; des travaux en Asie confirment que seule une minorité infime est durablement profitable après coûts. SSRN+1

À retenir : « 90 % » est une shorthand. Le message de fond est valide : la grande majorité perd — surtout en intraday et/ou avec levier.

2) Les 9 causes récurrentes des pertes (simples… mais fatales)

  1. Trop de levier, trop tôt

    Le levier amplifie gains et pertes. Sans avantage statistique (edge) prouvé, il accélère surtout la ruine.

  2. Risque par trade trop élevé

    R=2–3 % du capital paraît « efficient », jusqu’à la série de pertes. Dix stops d’affilée à 2 %−18 % du capital ; à 0,5 %, ≈ −5 %. La taille dicte la survie.

  3. Coûts sous‑estimés

    Commissions, spread, slippage, financement : additionnés, ils mangent l’espérance (surtout en scalping/CFD).

  4. Pas d’edge mesuré

    Entrer « parce que ça bouge » n’est pas une stratégie. Sans règle testable, l’espérance est négative.

  5. Changer de méthode en permanence

    On coupe la stratégie avant d’avoir un échantillon crédible (50–100 trades). Résultat : on collecte les pertes de chaque méthode, jamais ses gains.

  6. Sur‑trading & absence de limites

    Plus de clics ≠ plus de profits ; souvent, c’est plus de coûts et d’erreurs. Sans stop journalier (ex. −3 R), la journée dérape.

  7. Positions corrélées

    Trois actions du même thème = un seul pari trop gros. On croit risquer 1 %, on risque 3–5 %.

  8. Gaps & news

    Résultats d’entreprise, macro, week‑end : les écarts de prix dépassent les stops. Taille et calendrier se préparent.

  9. Psychologie non gérée

    FOMO, moyenner à la baisse, couper les gagnants trop tôt : sans rituels et journal, la tête prend le volant.

3) La mécanique froide des pertes : l’espérance

Tout se résume à :

Espeˊrance=p×G−(1−p)×P−Couˆts\textbf{Espérance} = p \times G \;-\; (1-p) \times P \;-\; \text{Coûts}Espeˊrance=p×G−(1−p)×P−Couˆts

  • ppp : % de gagnants.

  • GGG : gain moyen (en unités de risque R).

  • PPP : perte moyenne (≈ 1 R si vos stops sont standardisés).

  • Coûts : commissions + spread + glissement + financement (exprimés en fraction de R).

Exemple, très courant chez les débutants :

  • p=50%p = 50\%p=50%, G=1,2RG = 1{,}2RG=1,2R, coûts = 0{,}10RE = 0.

  • Traduction : sans avantage clair (G plus grand, ou coûts plus faibles), vous faites du sur‑place… avant impôts.

4) Pourquoi les produits à levier concentrent les pertes

  • Exposition disproportionnée : une petite erreur pèse lourd sur le compte.

  • Financement (overnight) + spreads élargis : l’addition grignote l’espérance.

  • Effet “casino” : fréquence élevée → coûts et fatigue décisionnelle.

    C’est la raison pour laquelle les autorités ont restreint et encadré la vente de CFD au détail, en imposant notamment l’avertissement « 74‑89 % perdent ». ESMA+1

5) Le plan EMT pour ne pas faire partie de la majorité perdante

5.1 Calibrer le risque (votre bouclier)

  • R par trade : 0,25–1 % du capital (jamais plus tant que l’edge n’est pas prouvé).

  • Limites : −3 R/jour, −8 à −10 R/semaine, pause obligatoire après série de pertes.

  • Risque portefeuille : ≤ 1,5–2 % si positions corrélées.

5.2 Viser une espérance positive (l’équation qui gagne)

  • Standardisez P=1RP = 1RP=1R.

  • Travaillez GGG (gagnants plus gros que perdants) et/ou ppp (qualité des entrées).

  • Objectif de départ : E≥0,15RE \ge 0{,}15RE≥0,15R par trade, coûts ≤ 10–15 % de R.

5.3 Réduire les coûts

  • Actifs liquides (indices, grandes actions, paires FX majeures).

  • Ordres limit/stop appropriés, horaires pertinents, éviter les marchés « chers ».

5.4 Choisir un style qui vous protège

  • Swing / EOD au début : moins de clics, décisions réfléchies, coûts plus faibles.

  • Intraday : routines strictes (opening range, time‑stops), quotas de trades.

5.5 Construire un playbook et un journal

  • Règles écrites (if/then) : entrée, invalidation, objectifs, time‑stop.

  • Journal : taggage des setups, respect des règles, métriques (win rate, G/P, E, drawdown).

  • Itérations toutes les 20–30 opérations (pas à chaque trade).

6) Trois exemples chiffrés (pour se situer rapidement)

A. Setup équilibré (swing)

  • p=42%p=42\%p=42%, G=2RG=2RG=2R, coûts = 0{,}10RE = +0{,}16R.

  • Avec 12 trades/mois et r=0,5 %, ≈ 0,96 %/mois (irrégulier).

B. Setup flatteur mais mangé par les coûts

  • p=50%p=50\%p=50%, G=1,2RG=1{,}2RG=1,2R, coûts = 0{,}10RE = 0.

Vous travaillez… pour le courtier.

C. Setup convexe (gagnants > perdants)

  • p=38%p=38\%p=38%, G=3RG=3RG=3R, coûts = 0{,}07RE = +0{,}45R.

  • 15 trades/mois, r=0,5 %≈ 3,38 %/mois… avec variance plus forte.

7) Check‑list « Je sors du 90 % » (à cocher honnêtement)

  • Mon R par trade est écrit (0,25–1 %) et respecté.

  • J’ai des limites journalières/hebdo… et je m’arrête quand elles sont atteintes.

  • Mes coûts par trade ≤ 15 % de R.

  • J’ai un playbook de 1–2 setups simples et testables.

  • Je tiens un journal et je décide d’améliorations par séries, pas à chaud.

  • Je n’utilise pas de levier tant que mon edge n’est pas prouvé.

8) Pourquoi EMT – Financial School insiste sur le Risk‑First

Parce que les données et les régulateurs racontent la même histoire : sans cadre, la majorité perd. Nos parcours mettent d’abord en place le bouclier (taille, limites, coûts, corrélations), puis la méthode (playbook, exécution), avant d’envisager l’amplification. C’est ce qui fait passer un trader de « réactif » à méthodique — et lui permet de durer. ESMA+1

Conclusion

La statistique « 90 % » est une exagération utile : elle rappelle que le marché ne pardonne pas l’amateurisme. Les raisons sont connues (levier, coûts, absence d’edge, sur‑trading, psychologie) et la mécanique est arithmétique (espérance). La bonne nouvelle : avec un risque calibré, des règles écrites, un journal et un travail intelligent sur les coûts et l’exécution, il est possible de sortir de la majorité perdante. C’est précisément la promesse pédagogique d’EMT – Financial School.

Références (régulateurs & études)

  • ESMA – mesures d’intervention CFD : avertissement standardisé, affichage du % de comptes perdants (typ. 74–89 %). ESMA+1

  • ESMA – obligation d’indiquer le % de pertes (méthode de calcul, MAJ trimestrielle). ESMA

  • FCA (R.-U.) – environ 80 % de clients perdent sur CFD. FCA

  • Études académiques day‑trading : 97 % de perdants au Brésil ; majorité perdante à Taïwan (très peu gagnants après coûts). SSRN+1

Mentions pédagogiques : le trading comporte un risque de perte en capital, en particulier avec les produits à effet de levier. Ce contenu est éducatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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