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PCE, FOMC, NFP, CPI : la “semaine macro” qui a tout recalibré (et pourquoi le S&P 500 n’a pas réagi comme on l’attendait)

19 décembre 2025 par
PCE, FOMC, NFP, CPI : la “semaine macro” qui a tout recalibré (et pourquoi le S&P 500 n’a pas réagi comme on l’attendait)
Maxence
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Résumé en 30 sec

Entre un PCE (mesure préférée de la Fed) publié en retard, un FOMC (Fed) qui baisse les taux mais signale une pause, un NFP (emploi) qui rebondit mais avec un chômage plus haut, et un CPI (inflation) plus faible que prévu… le marché a vécu un cocktail rare : bonnes nouvelles + gros astérisque “données distordues”.

Résultat : le S&P 500 a d’abord flirté avec ses sommets après la Fed, puis a corrigé (fatigue/rotation/incertitude), avant de rebondir fort sur le CPI. Le fil rouge : la trajectoire “soft landing + baisses de taux” reste possible, mais la qualité des données (shutdown) et le risque de re-pricing sur les prochains prints gardent tout le monde sur ses gardes. Bureau of Labor Statistics+4Reuters+4Reuters+4

1) Pourquoi ces 4 publications sont le “quadruple check” du marché

Ces 4 évènements répondent exactement aux 3 questions que le marché se pose en boucle :

  1. Inflation : est-ce que ça ralentit “pour de vrai” ?

    CPI (côté consommateur) + PCE (côté Fed).

  2. Emploi / activité : le marché du travail craque-t-il ?

    NFP (payrolls, chômage, salaires).

  3. Réaction de la Fed : la Fed accompagne, temporise, ou panique ?

    FOMC (décision, message, “dot plot”).

Le twist de 2025 : une partie des données est publiée avec retard et parfois sur des fenêtres inhabituelles à cause du shutdown. Ça rend l’exercice plus “psychologique” que d’habitude : le marché ne price pas juste des chiffres, il price la confiance dans les chiffres. Bureau of Labor Statistics+2Reuters+2

2) Timeline ultra claire (chiffres + surprise + réaction S&P 500)

Date (publication)Évènement“Print” cléLectureRéaction S&P 500 (clôture)
5 déc. 2025PCE (Sept. 2025, publié en retard)PCE +2,8% YoY, core +2,8% YoY, PCE +0,3% m/m, core +0,2% m/mInflation encore au-dessus de 2% mais pas de ré-accélération nette ; “ok pour une baisse”+0,19% à 6 870,40 Bureau of Economic Analysis+1
10 déc. 2025FOMC-25 bps → taux 3,50%–3,75% ; Fed insiste sur risques emploi“Cut” mais pas de pivot euphorique ; message “data dependent / pause possible”+0,67% à 6 886,68 Federal Reserve+1
16 déc. 2025NFP (Nov. 2025)Payrolls +64k, chômage 4,6%, salaires +3,5% YoYEmploi moins fort qu’un cycle “boom”, mais pas effondré ; chômage monte-0,24% à 6 800,26 Bureau of Labor Statistics+1
18 déc. 2025CPI (Nov. 2025, octobre annulé)CPI +2,7% YoY, core +2,6% YoY (en dessous des attentes)Signal “désinflation”, mais distorsions (shutdown) → prudence+0,79% à 6 774,76 Bureau of Labor Statistics+2Reuters+2

Petite observation “technique” factuelle : entre le 10 déc. (6 886,68) et le 18 déc. (6 774,76), le S&P 500 est ~-1,6% malgré le rebond CPI, signe qu’il y a eu décompression/rotation entre les deux. (Calcul à partir des clôtures Reuters.) Reuters+1

3) PCE : la mesure préférée de la Fed… mais publiée avec un “retard de réalité”

Ce qui est sorti (et ce que ça veut dire)

Le BEA indique sur septembre 2025 :

Et surtout : publication décalée dans le temps après le shutdown, ce qui rend le marché plus sensible aux indicateurs “secondaires” (sentiment, attentes d’inflation, etc.). Reuters souligne aussi cette digestion d’un backlog de statistiques et un marché déjà tourné vers la Fed. Reuters

Inquiétudes (version “market brain”)

  • 2,8% de PCE (headline et core) = encore au-dessus de l’objectif 2% → peur du scénario “cut trop tôt / inflation qui colle”.

  • “Donnée ancienne” → question : et si l’inflation avait déjà changé depuis septembre ?

Points positifs

  • Ce n’est pas un print “chaud” : ça n’oblige pas la Fed à redevenir hawkish.

  • Le marché passe en mode : “la Fed peut couper pour protéger l’emploi si besoin”.

Réaction marché

Le 5 décembre, Wall Street finit légèrement vert : S&P +0,19% (6 870,40). Reuters

Avant même le FOMC, Reuters note que les marchés priceaient une forte probabilité de baisse au meeting suivant. Reuters

4) FOMC : “cut” + dissensions + message de prudence (le cœur du puzzle)

La décision : baisse de 25 bps, mais un communiqué très “équilibriste”

La Fed baisse le taux cible à 3,50%–3,75% et dit explicitement :

  • “Uncertainty… remains elevated”

  • “Downside risks to employment rose in recent months”

  • Les ajustements futurs dépendront des données / balance of risks Federal Reserve

Ce n’est pas qu’une baisse “automatique” : c’est une baisse justifiée par l’emploi (et un équilibre des risques qui bouge).

Le “dot plot” / projections : l’anti-euphorie

Dans les projections (version accessible Fed), on lit notamment :

  • PIB médian 2025 : 1,7%, 2026 : 2,3%

  • Chômage médian 2025 : 4,5%, 2026 : 4,4%

  • PCE médian 2025 : 2,9%, 2026 : 2,4%

  • Core PCE médian 2025 : 3,0%, 2026 : 2,5% Federal Reserve

Et côté trajectoire de taux, la Fed publie un taux médian (fin d’année) autour de :

Lecture raisonnable (et prudente) : ça ressemble à une cadence de baisse lente (pas un “easing cycle agressif”), cohérente avec l’idée Reuters : pause probable et une seule baisse attendue l’an prochain dans les projections. Reuters+1

Inquiétudes

  • La Fed coupe… mais sans promettre d’enchaîner.

  • Les dissensions (vote divisé) augmentent la sensation de “Fed moins lisible”, donc plus de volatilité potentielle. Reuters évoque trois dissents et un comité divisé. Reuters

Reconforts

  • La Fed reconnaît le risque emploi : c’est “put-ish” (une forme de filet de sécurité) si l’activité ralentit. Federal Reserve

  • Le marché a perçu un côté “bad news = good news” : Reuters rapporte que certains investisseurs ont trouvé du “solace” dans le ton de Powell sur le marché du travail. Reuters

Réaction marché (S&P 500)

Le 10 décembre : S&P +0,67% à 6 886,68, proche du record de clôture d’octobre (sans le dépasser). Reuters

5) NFP : l’emploi “tient”, mais le chômage monte (et la data est moins propre)

Ce qui est sorti (BLS)

  • Nonfarm payrolls : +64 000

  • Unemployment rate : 4,6%

  • Salaires : +0,1% m/m, +3,5% YoY

  • Et surtout : publication retardée + méthodologie perturbée (shutdown) Bureau of Labor Statistics

Le BLS précise que la publication de novembre a été retardée par la lapse in appropriations (1 oct. → 12 nov.) et qu’octobre n’a pas eu de release standard. Bureau of Labor Statistics

Inquiétudes

  • Chômage 4,6% : dans une grille “Fed”, ça nourrit l’idée que le risque se déplace vers l’emploi (même si payrolls > 0). Bureau of Labor Statistics

  • Marché : “ok… mais est-ce que ces chiffres sont vraiment comparables mois sur mois ?”

Points positifs

Réaction S&P 500 : paradoxalement, ça baisse

Le 16 décembre : S&P -0,24% à 6 800,26. Reuters met en avant une lecture “ça ne bouge pas l’aiguille” + des poids sectoriels (santé/énergie). Reuters

Point très intéressant : Reuters note que les investisseurs priceaient au moins 58 bps de cuts l’année suivante, plus que ce que la Fed signalait (25 bps). Ce décalage “marché vs Fed” est un carburant classique de volatilité. Reuters

6) CPI : le “gros titre” bullish… mais avec l’astérisque shutdown

Ce qui est sorti

Sur novembre (avec un mois d’octobre annulé), le BLS indique notamment :

  • CPI (12 mois) : +2,7%

  • Core CPI (12 mois) : +2,6%

  • Et un détail crucial : l’évolution “courte” est donnée sur 2 mois (septembre → novembre) du fait de l’absence d’octobre. Bureau of Labor Statistics

Reuters insiste sur la surprise : inflation annuelle plus faible qu’attendu et question de “distortion” due au manque de données. Reuters+1

Inquiétudes

  • Qualité / distorsion : même les analystes haussiers veulent “un prochain print propre” pour confirmer (Reuters cite explicitement le besoin de follow-through). Reuters

  • La peur de la “fausse bonne nouvelle” : le marché pump sur un CPI, puis se fait reprendre si le prochain print contredit.

Reconforts

  • Le marché lit : désinflation → plus de marge pour baisser les taux si l’emploi se dégrade.

  • Reuters note que les indices rebondissent depuis des plus bas récents et que les traders ajustent les probabilités de cuts (FedWatch). Reuters

Réaction marché

Le 18 décembre : S&P +0,79% (6 774,76), Nasdaq +1,38%. Reuters

AP ajoute que ça a mis fin à une série de baisse récente du S&P 500. Associated Press

7) Lecture fondamentale : quel scénario macro gagne des points ?

Scénario A — “Soft landing + désinflation”

Pour :

Contre :

  • La Fed elle-même projette une baisse de taux progressive, pas un cycle d’easing agressif. Federal Reserve

  • Les données restent “bruitées” (shutdown).

Scénario B — “Ralentissement plus marqué / risque emploi”

Pour :

Contre :

Scénario C — “Inflation collante, Fed contrainte”

Pour :

Contre :

8) Lecture technique : ce que raconte vraiment le prix (S&P 500)

Sans sur-interpréter, il y a 3 messages “chart” assez nets à partir des clôtures observées :

  1. Sommet / zone de friction : le S&P 500 a approché sa zone de records (Reuters parle d’un retour vers le record d’octobre, sans le dépasser). Reuters

  2. Pullback contrôlé : la baisse post-FOMC jusqu’à la zone 6 800–6 775 ressemble à une décompression de court terme (≈ -1,6% du 10 au 18). Reuters+1

  3. Le CPI déclenche un “relief rally” : rebond puissant, plutôt “risk-on” (Nasdaq surperforme). Reuters

Conclusion technique (simple, utile) : le marché n’est pas en mode panique, il est en mode “acheter les bons prints, vendre l’incertitude”.

9) Lecture comportementale : ce que X (Twitter) dit du “sentiment” (peurs vs espoirs)

9.1 Le camp “bullish / rate cuts = bullish”

  • Plusieurs posts résument la séquence comme : “Fed cut + inflation qui refroidit = conditions financières plus favorables”, avec un ton “risk-on”. Exemple de synthèse FOMC (cut, vote 9-3) : X (formerly Twitter)

  • D’autres comptes font surtout des “market recap” chiffrés (S&P/Nasdaq + CPI). X (formerly Twitter)

9.2 Le camp “sceptique / data pas fiable”

  • On voit passer des posts qui martèlent l’idée que le shutdown distord les prints et qu’il faut relativiser le signal du CPI (certains vont même jusqu’au soupçon excessif). X (formerly Twitter)+1

    C’est important psychologiquement : même si les chiffres sont bons, si la confiance baisse, la volatilité augmente.

9.3 Le camp “macro pur” : “la Fed a dû décider sans toutes les pièces du puzzle”

  • Un angle intéressant : certains se demandent si le comité aurait été moins divisé si NFP + CPI avaient été disponibles avant la décision de décembre. X (formerly Twitter)

    → Traduction “trader” : le prochain cycle de réunions pourrait être plus réactif aux prochains prints “propres”.

9.4 Le camp “technique / price action”

  • Certains posts mettent l’accent sur la fatigue du marché et des niveaux psychologiques (ex : difficultés à tenir une zone proche des 6 900). X (formerly Twitter)

Le vrai takeaway “comportemental” :

Le marché est dans un état mixte : espoir de baisses (dopamine) + doute sur les données (cortisol). Ce mélange produit typiquement des séances “à mèches” et des rotations rapides.

10) Le match “analystes vs marché” (là où se niche la volatilité)

Ce que dit la Fed (message officiel)

  • “Downside risks to employment rose”

  • “Inflation remains somewhat elevated”

Ce que price le marché (au fil des jours)

  • Après NFP, Reuters note que les investisseurs priceaient au moins 58 bps de cuts l’année suivante (plus dovish que la Fed). Reuters

  • Après CPI, Reuters rapporte des ajustements de probas (FedWatch) et un marché qui veut croire au scénario “Fed plus accommodante si inflation confirme”. Reuters

Le point de friction clé

Quand le marché veut 2–3 cuts et que la Fed en projette ~1, tu as :

  • De la vol,

  • Des fakeouts,

  • Et des moves violents sur taux/dollar/tech.

11) Ce qu’il faut surveiller maintenant (les “questions ouvertes”)

  1. Le prochain chiffre d'inflation “sans distorsion” : est-ce que le refroidissement de l’inflation se confirme, ou est-ce un artefact ? Reuters+1

  2. Le chômage : 4,6% devient-il une tendance (et donc une Fed plus pressée) ? Bureau of Labor Statistics+1

  3. Le gap marché vs Fed : s’il se referme, ça peut se faire soit par “marché qui devient hawkish”, soit par “Fed qui devient dovish”. Dans les deux cas : gros mouvements possibles.

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