1. Ce que disent les chiffres (le « print » de Nvidia)
Dernier trimestre publié (T3 fiscal 2026, clos fin octobre 2025) :
Chiffre d’affaires total : 57 Md$
+22 % vs le trimestre précédent
+62 % vs il y a un an NVIDIA Investor Relations+1
Data center : 51,2 Md$
~90 % du CA total
+25 % vs T2, +66 % vs T3 l’an dernier NVIDIA Investor Relations+1
Bénéfice par action dilué (EPS) : 1,30 $
vs ~1,25 $ attendus par le consensus Reuters+1
Guidance T4 : 63,7–66,3 Md$ de CA, au‑dessus des ~61,9 Md$ attendus The Guardian+1
Management qui parle d’une demande « off the charts » pour les GPU Blackwell et d’un carnet de commandes IA autour de 500 Md$ jusqu’en 2026 New York Post+1
En gros : beat sur les attentes + relèvement des perspectives + discours ultra‑confiant.
2. Réaction du marché : soulagement global, mais nervosité en dessous
2.1. NVDA et les indices
Juste après les résultats :
NVDA gagne environ 4–5 % en after-hours au moment de l’annonce, plusieurs sources parlant d’un « beat and raise classique » The Guardian+2New York Post+2
Les futures sur indices US et les marchés asiatiques montent, le secteur tech global se reprend grâce à Nvidia Barchart.com+2KVue+2
En séance, le titre a reflué un peu, mais reste en hausse autour de +3 % au moment où on parle, autour de 186–187 $ l’action.
Graphiquement, voici où en est le titre NVDA au moment où j’écris :
NVIDIA Corp (NVDA)
$186.52
+$5.25(+2.89%) Aujourd’hui
$195.62 +$9.10 (+4.88%)Pré-ouverture
En toile de fond :
Le titre avait perdu ~14–15 % depuis son plus haut fin octobre, avant les résultats (prises de profit, ventes de gros institutionnels comme SoftBank, Thiel Macro, etc.) The Guardian+1
Nvidia est l’entreprise la plus valorisée du monde et un énorme poids dans les indices : son print est perçu comme un référendum sur l’IA et sur le marché actions au sens large The Guardian
2.2. Les marchés globaux
Après la publication :
Les actions tech en Asie et en Europe rebondissent, les articles parlent explicitement d’un « rétablissement de la confiance dans l’IA » après Nvidia Barchart.com+2KVue+2
Plusieurs commentateurs de marché décrivent les résultats comme un test décisif pour savoir si la « trade IA » est une bulle ou une nouvelle jambe de cycle Reuters+1
Donc : soulagement immédiat, mais la question de fond (« bulle ou pas bulle ? ») reste sur la table.
3. Ce qui se dit sur X/Twitter : trois grands camps
En parcourant les posts très commentés sur X (cashtag $NVDA, comptes finance / retail, news), on voit globalement trois types de réactions.
3.1. Le camp « Jensen va sauver le marché »
Avant même les résultats, les memes tournaient déjà autour du thème : « Jensen, sauve‑nous ». L’Economic Times a compilé des posts viraux demandant à Huang de « sauver le marché et l’économie » le jour des earnings, ce qui montre bien la charge émotionnelle mise sur un seul titre The Economic Times+1.
Après le print, on voit :
Des threads qui enchaînent les stats spectaculaires (57 Md$ de CA, +5 % sur l’action, +200 Md$ de market cap en une séance, etc.) pour justifier que « l’IA a gagné » X (formerly Twitter)+1
Des memes « number go up », des captures de portefeuilles sauvés par NVDA, des jokes du style « si NVDA avait raté, je devenais influenceur crypto »
Psychologiquement :
On est en plein dans le biais de sauveur (« un seul actif va effacer tous mes problèmes »),
et dans l’externalisation : les gens dépendent d’un événement exogène (les earnings) au lieu de leur gestion de risque.
3.2. Le camp « C’est officiellement une bulle IA »
Beaucoup de posts — souvent plus sérieux, parfois long-form — disent en substance :
« Croissance folle, mais capex IA insoutenable, on est dans un remake du dot‑com. »
Références aux tweets de Michael Burry, qui compare l’environnement actuel aux années 70 post‑inflation, en rappelant que les investisseurs ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir d’achat après une phase d’euphorie, et critiquant notamment les buybacks massifs de Nvidia Reddit.
Focalisation sur :
la dépendance à quelques gros clients (plus de 50 % du CA data center vient de seulement 3 clients) Tom's Hardware
la sur‑concentration des portefeuilles sur un seul titre.
Psychologiquement :
C’est le biais de retour à la moyenne poussé à l’extrême (« ça monte trop, donc ça va forcément s’effondrer »),
souvent renforcé par un trauma récent : ceux qui ont vécu 2022 (–50 % sur NVDA, –19 % sur le S&P 500) ont tendance à sur‑pondérer le scénario de crash Nasdaq+1.
3.3. Le camp « Les chiffres justifient (au moins en partie) le hype »
On trouve aussi beaucoup de pros / quasi‑pros (analystes, gérants, comptes type Vanda Research…) qui disent :
La demande IA est réelle, les data centers sont littéralement sold out et Blackwell est en « pénurie organisée » The Verge+2The Verge+2
Les hyperscalers (Microsoft, Amazon, Google, Meta…) ont annoncé des plans de capex massifs sur plusieurs années.
Malgré le bruit médiatique sur la bulle, de grosses maisons (Morningstar, Wedbush, etc.) restent bullish et parlent d’un titre encore sous‑valorisé à horizon long, tout en reconnaissant le risque de volatilité. New York Post+2Morningstar+2
Psychologiquement :
On est dans un mélange de biais de confirmation (les bulls trouvent toutes les stats qui confirment leur thèse),
et d’effet de halo autour de Jensen Huang et de la « success story IA ».
4. Les grandes interrogations qui ressortent
En synthèse, sur X et dans les commentaires de marché, on voit revenir toujours les mêmes questions :
Est‑ce une bulle IA ?
Croissance de +60 % YoY sur un CA de 57 Md$ peut‑elle durer ? NVIDIA Investor Relations
Est‑ce qu’on n’est pas en train de sur‑équiper le monde en GPU avant d’avoir les use cases rentables ?
Les capex des hyperscalers sont‑ils soutenables ?
Les big techs dépensent des centaines de milliards en data centers – combien de temps ça peut durer ?
Est‑ce que le board d’Amazon, de Meta, etc., acceptera encore 3–4 ans de free cash‑flow écrasé par l’IA ? Synergy Research Group+2CIO Dive+2
Nvidia est‑elle trop concentrée sur quelques clients / un seul segment ?
Plus de la moitié du CA data center vient de trois clients.
Le gaming ne pèse plus lourd, l’auto et le edge restent petits Tom's Hardware+1.
Et si la macro se retourne (tarifs, croissance, taux) ?
L’OCDE et le FMI prévoient une croissance mondiale autour de 3 % mais en légère décélération, dans un contexte de tensions commerciales et de tarifs élevés OECD+2IMF+2.
Que devient le capex IA dans un scénario de récession ou de forte baisse des marchés actions ?
Le titre est‑il « trop cher » après un tel run ?
NVDA a eu +125 % en 2021, –50 % en 2022, +239 % en 2023, +171 % en 2024 ; 2025 est encore en forte hausse Macrotrends+1.
Comment concilier ces performances avec une trajectoire long terme « raisonnable » ?
On va maintenant prendre ces interrogations une par une, et les remettre en perspective avec des stats micro/macro et une grille de lecture comportementale.
5. Mettre en perspective : ce que disent les chiffres micro (Nvidia)
5.1. Un saut de taille historique en 2 ans
Comparons simplement les T3 des trois dernières années :
T3 2024 : 35,1 Md$ de CA, dont 30,8 Md$ de data center (+94 % YoY) NVIDIA Newsroom
T3 2025 : 57,0 Md$ de CA, dont 51,2 Md$ de data center (+62 % YoY sur le total, +66 % YoY sur le data center) NVIDIA Investor Relations+1
En deux ans, le CA trimestriel a été multiplié par ~1,6 (de 35 à 57 Md$), sur une base déjà gigantesque. La plupart des boîtes du S&P 500 seraient ravies de faire +10 % sur l’année…
Donc oui, le scepticisme (« ça ne peut pas durer ») est intuitif, mais les chiffres montrent que pendant deux ans, ce qui paraissait intenable s’est quand même produit.
5.2. Historique boursier : hyper‑gagnant… très volatil
Côté bourse :
Performance annuelle NVDA :
2021 : +125 %
2022 : –50 %
2023 : +239 %
2024 : +171 % Macrotrends+1
Max drawdown récent : –66 % depuis le plus haut de novembre 2021 pendant le choc inflation de 2022 Trefis+1
Pourtant, sur 10–15 ans, le CAGR de NVDA reste largement >50 %/an FinanceCharts
Traduction comportementale :
NVDA est un monstre de création de valeur long terme, mais statistiquement tu passes par des phases de –50 % / –60 % régulièrement.
Ceux qui ne voient que la courbe long terme lisse sous‑estiment le risque ; ceux qui ne voient que le drawdown se trompent sur la probabilité de survie du business.
5.3. Concentration clients et segments
Les dernières données montrent :
53 % du CA data center (soit plus de 20 Md$ sur un trimestre) vient de trois clients seulement Tom's Hardware+1.
Ces clients sont très probablement des hyperscalers / grands acteurs IA (OpenAI+Oracle, xAI, Meta, etc.).
En parallèle, Nvidia rappelle que :
le gaming repart modestement (+30 % YoY au dernier trimestre),
l’automobile et les plateformes edge/robotique restent en très forte croissance, mais sur des bases bien plus petites The Verge+1.
Donc : le modèle est très concentré sur un oligopole de clients hyperscalers, ce qui est un risque réel… mais ces clients sont eux‑mêmes très loin d’avoir terminé leur build‑out d’infrastructure IA.
6. Mettre en perspective : ce que disent les chiffres macro (capex IA, croissance, cycle)
6.1. Capex data centers et IA : bulle ou super‑cycle ?
Quelques ordres de grandeur récents :
Les investissements mondiaux dans les data centers en 2024 : 455 Md$, +51 % vs 2023, avec une nouvelle hausse d’environ 30 % attendue en 2025 delloro.com+1.
Le capex des hyperscalers (Microsoft, Amazon, Google, Meta…) au T2 2025 a bondi de 72 % vs l’an dernier, quasi entièrement tiré par l’IA Synergy Research Group.
Le marché des AI servers :
estimé entre ~30 et 140 Md$ en 2024 selon les cabinets,
attendu autour de 350–800+ Md$ d’ici 2030–2034 avec des CAGRs de 28–35 % Precedence Research+3Global Market Insights Inc.+3MarketsandMarkets+3.
Citigroup estime que les dépenses d’IA des big tech dépasseront 2,8 T$ d’ici 2029, avec ~490 Md$ de capex IA dès 2026 Reuters+1.
Interprétation :
Oui, on est dans une phase de capex explosive.
Mais ce n’est pas un phénomène ponctuel de quelques trimestres : toutes les projections sérieuses parlent d’un effort d’investissement pluri‑annuel de plusieurs trillions.
On peut discuter de la pente exacte de la courbe, mais pas du fait que l’IA est devenue une dépense stratégique prioritaire pour les États et les grandes boîtes.
Psychologiquement, ceux qui crient « bulle » confondent souvent :
Un taux de croissance très élevé (qui finira par se normaliser)
avec la probabilité d’un effondrement complet (qui est un scénario possible, mais pas le seul).
6.2. Fond macro global
L’OCDE et le FMI voient une croissance mondiale autour de 3 % par an sur 2024–2026, en légère baisse mais pas en récession globale, malgré les tensions commerciales et des tarifs plus élevés Le Monde.fr+3OECD+3IMF+3.
Dans ce contexte, les États et les entreprises cherchent des gains de productivité, et l’IA est perçue comme l’un des rares leviers crédibles.
Donc tant que :
la croissance mondiale ne s’effondre pas,
les taux ne remontent pas brutalement bien au‑delà des niveaux actuels,
il est logique que le capex IA reste élevé, même s’il ralentit à +20–25 % au lieu de +50–70 %.
7. Répondre aux interrogations, point par point
7.1. « C’est une bulle IA, ça va finir comme le dot‑com »
Ce que disent les chiffres :
La croissance de Nvidia est extraordinaire, mais elle correspond à un investissement massif et mesurable dans les data centers, les AI servers et les modèles IA. Les chiffres de capex et de marché adressable (AI servers, hyperscale, etc.) ne sont pas juste des promesses PowerPoint, ils sont visibles dans les flux de trésorerie des hyperscalers Reuters+3Synergy Research Group+3CIO Dive+3.
Sur 2 ans, le CA trimestriel de NVDA est passé de 35 à 57 Md$ avec des marges >70 %. On n’est pas dans l’époque des dot‑com qui brûlaient du cash pour faire de l’audience. NVIDIA Newsroom+2NVIDIA Investor Relations+2
Psychologie :
Ceux qui comparent systématiquement à 2000 sont souvent victimes du biais de généralisation historique : parce qu’un épisode a mal fini (bulle internet), tout épisode d’euphorie tech doit finir pareil.
Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de krach, juste que l’analogie simple « internet 2000 = IA 2025 » est trop grossière.
Conclusion nuancée :
Oui, il y a des comportements de bulle (FOMO, concentration extrême, excès d’options call).
Mais la base fondamentale (capex, productivité, adoption) est bien plus solide que dans les années 2000.
Le scénario le plus réaliste n’est pas « tout tombe à zéro », mais plutôt « croissance ralentit + multiples se contractent + forte volatilité ».
7.2. « Les capex des hyperscalers vont s’arrêter et tout s’effondrera »
Ce que disent les chiffres :
Les hyperscalers ont été très clairs : capex IA pluri‑annuels.
Amazon veut monter son capex de 75 à 100 Md$ entre 2024 et 2025 pour continuer de construire des data centers IA TrendForce.
Oracle est vu comme dépensant lourdement plusieurs années pour rattraper son retard, S&P parle d’un capex de ~38 Md$ sur 3–5 ans S&P Global.
Citigroup prévoit plus de 400 Md$ de dépenses IA dès 2025, 2,8 T$ cumulés d’ici 2029 Reuters+1.
Mais :
Ce capex devra être justifié par des revenus : si les use cases IA ne monétisent pas assez, les boards freineront.
La croissance peut passer de +70 % à +20 % assez vite, et ça changerait beaucoup le narratif sur Nvidia.
Comportementalement :
Les bulls sous‑estiment le risque d’élasticité budgétaire : quand la macro se tend, même les projets « stratégiques » peuvent être ralentis.
Les bears sous‑estiment le coût d’opportunité de NE PAS investir : une big tech qui rate le coche IA se pénalise elle‑même face à ses concurrents.
7.3. « Nvidia dépend trop de quelques clients »
Factuellement :
50 % du CA data center de Nvidia provient de 3 clients non nommés Tom's Hardware+1.
Si un de ces clients coupait brutalement son capex, l’impact serait énorme.
Mais :
Dans le même temps, la base de clients IA s’élargit : modèles open‑source, banques, pharma, industriels, États, etc. Les chiffres de croissance du marché AI servers montrent que la demande s’étend au‑delà des hyperscalers US Global Market Insights Inc.+2KBV Research+2.
Psychologiquement :
La concentration nourrit un risque de scénario catastrophe dans l’esprit des investisseurs (« si un gros client se retire, tout s’écroule »).
En réalité, beaucoup de cycles techno se sont déroulés comme ça : au début, 2–3 clients dominent, puis la base s’élargit.
7.4. « Le titre est trop cher, ça va forcément crasher »
Les chiffres de performance de NVDA le montrent :
+125 %, –50 %, +239 %, +171 % sur 4 années consécutives, avec un drawdown de –66 % en 2022 Nasdaq+3Macrotrends+3FinanceCharts+3.
Historiquement :
Des leaders de cycle (Cisco en 2000, Apple vers 2012, Tesla en 2020) ont souvent connu :
une phase d’euphorie avec valorisation très au‑dessus des fondamentaux à court terme,
puis plusieurs années de range / sous‑performance, parfois sans que le business ne se détériore vraiment.
Conclusion :
Il est parfaitement possible que Nvidia continue de croître fortement en CA et bénéfices,
tout en offrant des rendements boursiers moyens ou décevants, simplement parce que les multiples se normalisent.
Psychologiquement, la phrase clé est :
« Le business et le stock ne racontent pas toujours la même histoire au même moment. »
8. Grille de lecture psychologique globale
Sur ces earnings, on a un condensé de plusieurs biais comportementaux :
Biais de sauveur & de dépendance à un événement unique
« Si NVDA rate, tout s’effondre. »
C’est une manière de simplifier un système complexe (économie mondiale, marchés) autour d’un symbole.
Biais de récence
Ceux qui ont vu la hausse 2023–2024 pensent que « ça monte toujours ».
Ceux qui retiennent surtout 2022 pensent que « ça finira forcément mal ».
Biais d’extrapolation linéaire
Bulls extrapolent +60 % de croissance sur 5–10 ans.
Bears extrapolent un crash complet type 2000.
FOMO et regret anticipé
Tweets du type : « Si tu n’as pas NVDA, tu as raté tout le bull market. »
Très puissant pour pousser les gens à entrer tard, sur‑levier, sans plan de sortie.
Aversion aux regrets
D’autres restent en dehors, en se convainquant que c’est une bulle, pour ne pas souffrir de voir une position perdante.
Ils préfèrent avoir tort en restant sur la touche qu’avoir tort en étant investi.
Comprendre ces biais ne dit pas quoi faire sur l’action, mais aide à ne pas se laisser piloter uniquement par X/Twitter.
9. Synthèse et « réconfort rationnel »
Ce que les chiffres permettent de dire, raisonnablement
Les résultats de Nvidia sont objectivement exceptionnels.
La boîte imprime 57 Md$ de CA trimestriel, en croissance >60 % YoY, avec des marges très élevées. NVIDIA Investor Relations+1
La demande IA n’est pas un mirage.
La hausse du capex data center, les projections AI servers, les plans de dépense des hyperscalers sont réels et massifs. Global Market Insights Inc.+3delloro.com+3Synergy Research Group+3
Le risque n’est pas tant « tout tombe à zéro » que « ça ralentit plus vite que prévu ».
Si la croissance retombe à +20–25 %/an et que les multiples se contractent, le business reste beau, mais le stock peut sous‑performer longtemps.
Historiquement, les hyper‑gagnants comme Nvidia sont extrêmement volatils.
–50 % de drawdown n’est pas une exception, c’est presque le prix à payer pour un CAGR de 50–70 %. Macrotrends+2FinanceCharts+2
Les craintes (bulle, capex, concentration) ne sont pas irrationnelles, mais elles sont déjà largement connues et débattues.
Ce n’est pas une bombe cachée ; c’est le cœur de la thèse, bull ou bear.
Comment transformer ça en « réconfort » intelligent (pas en auto‑illusion)
Si tu es long terme et que tu crois au super‑cycle IA :
Les chiffres macro/micro vont plutôt dans ton sens.
Mais il faut accepter dès le départ que –40/–50 % est possible sans que la thèse fondamentale soit morte.
Si tu es court terme / trading :
Tu joues un titre ultra‑crowded, où tout le monde regarde la même chose en même temps.
Le facteur psychologique (positionnement, options, flux de news) compte autant que les fondamentaux.
Dans tous les cas, la bonne question n’est pas « Nvidia est‑elle une bulle ? » mais :
« Quel niveau de volatilité et de scénario négatif je suis prêt à encaisser si la trajectoire est moins parfaite que le narratif actuel ? »
