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NFP du 16 décembre : quand le refroidissement de l’emploi rend les baisses de taux moins rassurantes

17 décembre 2025 par
NFP du 16 décembre : quand le refroidissement de l’emploi rend les baisses de taux moins rassurantes
Maxence
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Résumé en 30 secondes

  • Le rapport NFP publié mardi 16 décembre montre seulement +64 000 emplois en novembre, après –105 000 en octobre, avec un chômage à 4,6 %, plus haut niveau depuis 2021. Advisor Perspectives+2Bureau of Labor Statistics+2

  • Depuis avril, l’emploi total stagne : la moyenne 2025 tourne autour de 11 000 créations par mois, très loin des 168 000 de 2024 ; la moyenne 3 mois n’est plus que 22 000. eyeonhousing.org+1

  • Le S&P 500 a d’abord rebondi (espoir de Fed plus accommodante), avant de finir en léger recul (~‑0,2/‑0,3 %), alors que le Nasdaq restait légèrement positif : les marchés hésitent entre « plus de baisses de taux » et « risque de récession ». Reuters+2Investopedia+2

  • Les chiffres collent globalement aux projections de la Fed du 10 décembre (chômage médian projeté à 4,5 % fin 2025, 4,4 % en 2026), mais en les poussant vers la partie « fragile » du scénario. fredblog.stlouisfed.org+1

  • Pour 2026, ce NFP renforce la probabilité au moins d’une baisse de taux supplémentaire (comme dans le SEP), et donne des arguments au marché pour en anticiper davantage – mais des responsables comme Bostic préviennent qu’aller plus loin pourrait relancer l’inflation et entamer la crédibilité de la Fed. uk.daiwacm.com+2Reuters+2

1. Le décor : un rapport NFP très attendu, en plein régime « bad news is good news »

Après un shutdown fédéral de 43 jours qui a retardé les statistiques, le rapport sur l’emploi d’octobre et novembre tombait enfin mardi 16 décembre. us.plus500.com+2Bureau of Labor Statistics+2

Contexte parfait pour un marché qui raisonne depuis des mois en « bad news is good news » :

  • Des chiffres faibles → plus de baisses de taux → actions contentes ;

  • Des chiffres trop faibles → risque de récession → actions pas contentes du tout.

En plus, la Fed venait tout juste de :

  • Baisser son taux directeur pour la 3ᵉ fois de l’année, à 3,5–3,75 %,

  • Publier de nouvelles projections économiques (SEP) le 10 décembre. uk.daiwacm.com+1

Le NFP arrivait donc comme un test en temps réel : le marché du travail évolue‑t‑il comme la Fed l’a prévu… ou est‑ce qu’on bascule dans quelque chose de plus inquiétant ?

2. Ce que dit vraiment le NFP du 16 décembre

2.1 Les chiffres bruts

D’après le Bureau of Labor Statistics (BLS) :

Le BLS insiste aussi sur un point : les données d’octobre n’ont pas été collectées pour le sondage « ménages », ce qui rend les comparaisons plus délicates et augmente l’incertitude. Bureau of Labor Statistics+1

2.2 La composition : où se créent (et se détruisent) les emplois ?

En novembre, les gains sont très concentrés : Bureau of Labor Statistics+2eyeonhousing.org+2

  • Santé : +46 000 emplois (ambulatoire, hôpitaux, soins de longue durée).

  • Construction : +28 000, principalement dans le non‑résidentiel.

  • Aide sociale : +18 000.

À l’inverse :

  • Gouvernement fédéral : –6 000 en novembre, –162 000 en octobre, soit –271 000 depuis le pic de janvier.

  • Transport & entreposage : –18 000 en novembre, et –78 000 depuis le sommet de février, notamment chez les livreurs.

  • Loisirs / hôtellerie, manufacturing, transport : plusieurs milliers d’emplois perdus chacun. Bureau of Labor Statistics+2DOL+2

Autrement dit : ce n’est pas une destruction massive généralisée, mais de plus en plus de trous dans le tissu de l’emploi cyclique (industrie, transport, loisirs…), pendant que la santé et une partie de la construction continuent à embaucher.

2.3 Salaires et sous‑emploi : le signal « refroidissement sans crash »

Côté salaires et qualité des emplois, les signaux sont tout aussi ambigus :

  • Salaire horaire moyen :

    • +0,1 % sur un mois,

    • +3,5 % sur un an, plus faible progression depuis 2021. TastyLive+1

  • Temps partiel subi : 5,5 millions de personnes, +909 000 depuis septembre. Bureau of Labor Statistics+1

  • L’indicateur large de chômage U6 atteint 8,7 %, plus haut depuis 2021, ce qui signale davantage de sous‑emploi et de travailleurs découragés. Advisor Perspectives

Portrait global :

  • L’emploi progresse à peine,

  • Le chômage monte,

  • Une partie des gens garde un job… mais pas le nombre d’heures ou le salaire espéré.

C’est typiquement le genre de configuration que la Fed qualifie de « marché du travail qui se refroidit graduellement », mais certains y voient déjà les prémices d’un retournement plus brutal. Federal Reserve+1

3. Réaction du S&P 500 : un petit pump, puis un soupir

3.1 Les chiffres de marché

À la clôture du 16 décembre : Reuters+2Investopedia+2

  • S&P 500 : –0,2 à –0,3 % selon les sources,

  • Dow Jones : –0,6 %,

  • Nasdaq : +0,2 % environ,

  • Russell 2000 (small caps) : –0,5 % environ.

Côté taux et dollar :

  • Le 10 ans US recule à ~4,15 % (vs 4,18 % la veille),

  • Le Dollar Index glisse autour de 98,2, proche de ses plus bas de l’année. Investopedia+1

TastyLive décrit bien la séquence intrajournalière :

  • A l’annonce, le S&P 500 pique brièvement vers le haut,

  • Les taux 2 ans baissent aussi,

  • Puis, en quelques minutes, l’euphorie se délite et l’indice finit en repli, avec des small caps plus touchées. TastyLive

3.2 Lecture comportementale

Psychologiquement, on voit trois forces à l’œuvre :

  1. Réflexe « bad news is good news »

    • Jobs +64k, chômage en hausse, salaires qui ralentissent → « super, la Fed pourra couper plus ».

    • Cela explique le spike haussier initial.

  2. Remise en question rapide : « est‑ce que ce n’est pas juste une mauvaise nouvelle ? »

    • Quand les traders réalisent qu’on parle d’une moyenne d’à peine 11k emplois par mois sur 2025 et d’un taux de chômage au plus haut depuis 4 ans, l’angle « récession » commence à dominer. eyeonhousing.org+1

    • Les secteurs cycliques (énergie, healthcare, small caps) sous‑performent, ce qui est typique d’un regain de peur macro. Reuters+1

  3. Biais de confirmation

    • Les investisseurs qui attendent déjà une récession voient ce rapport comme la preuve qu’elle arrive.

    • Ceux qui croient au soft landing y voient au contraire un refroidissement « contrôlé » validant les baisses de taux.

    • Sur X/Twitter (via les articles et blogs qui relaient ces débats), ces deux narratifs coexistent : certains parlent de « tipping point du marché du travail », d’autres de « juste assez de faiblesse pour libérer la Fed ». TastyLive+2Binance+2

Résultat : un marché ni soulagé ni paniqué, mais clairement moins confiant dans la croissance 2026 qu’il ne l’était il y a quelques semaines.

4. Ce que « disent les gens » (X, commentaires d’analystes, blogs)

Même sans accéder directement à Twitter, on peut dégager les grands camps via les chroniques et blogs qui synthétisent le débat :

Camp 1 – « Soft landing confirmé, feu vert pour plus de cuts »

Arguments typiques : TastyLive+2Advisor Perspectives+2

  • +64k emplois mais loin des +200k+ d’il y a deux ans → le marché du travail se détend enfin.

  • Salaires à +3,5 % YoY, au plus bas depuis 2021, donc pression inflationniste moindre.

  • Chômage à 4,6 %, c’est plus qu’avant, mais pas dramatique historiquement.

  • Donc : les 3 baisses de taux de 2025 étaient justifiées et le rapport « valide » le discours de Powell sur un marché de l’emploi en refroidissement.

Ce camp lit le rapport comme aligné avec le scénario officiel de la Fed : un ralentissement contrôlé, pas un crash.

Camp 2 – « Signal d’alarme : on flirte avec la récession »

Autre discours, très répandu dans les notes macro : PBS+3eyeonhousing.org+3Advisor Perspectives+3

  • Moyenne 2025 : 11 000 emplois par mois, contre 168 000 en 2024 : c’est un changement de régime brutal.

  • Trois mois de suite avec des créations quasi nulles ou négatives (août révisé à –26k, octobre –105k, novembre +64k).

  • Taux de chômage 4,6 %, U6 à 8,7 % → l’écart avec son point bas historique s’élargit, ce qui, historiquement, précède souvent les récessions.

  • Part‑time subi qui explose (+909k) : les entreprises réduisent les heures avant de licencier.

Ici, la Fed est vue comme en retard, coincée entre une inflation encore au‑dessus de 2 % et un marché du travail qui se fissure.

Camp 3 – « Données biaisées, trop de bruit pour changer la trajectoire »

Certains, dont Powell lui‑même, insistent sur le côté techniquement distordu des chiffres : Federal Reserve+2Bureau of Labor Statistics+2

  • Pas de données ménage pour octobre,

  • Collecte retardée en novembre,

  • Choc unitaire massif sur l’emploi fédéral (271k postes en moins depuis janvier).

Powell a expliqué que le BLS surestime probablement la création d’emplois d’environ 60k par mois, ce qui signifie qu’un chiffre officiel de +40k corresponde en réalité à zéro ou à des pertes. Au moment du FOMC, il estimait déjà la tendance réelle proche de –20k par mois. Federal Reserve+1

Ce camp dit en substance : « on a besoin de plusieurs mois de données “normales” avant de réécrire complètement le scénario 2026 ».

Camp 4 – « Bad news is… bad news »

Enfin, beaucoup de traders actions soulignent que toutes les baisses de taux ne se valent pas : TastyLive+1

  • Des coupes parce que l’inflation retombe avec une économie solide → bull market.

  • Des coupes parce que l’emploi lâche → signe que la Fed essaie de rattraper la casse, ce qui est beaucoup moins bullish.

Le price action du jour (S&P en baisse, small caps sous pression, tech en surperformance défensive/AI) ressemble clairement à ce second cas.

5. Mise en perspective avec les projections de la Fed (10 décembre 2025)

5.1 Ce que projette la Fed

D’après le SEP de décembre : Federal Reserve+2fredblog.stlouisfed.org+2

  • Croissance réelle du PIB (médiane) :

    • 2025 : 1,7 % (1,6 % en septembre),

    • 2026 : 2,3 % (1,8 % en septembre),

    • 2027 : 2,0 %, 2028 : 1,9 %.

  • Chômage (T4) :

    • 2025 : 4,5 %,

    • 2026 : 4,4 %,

    • 2027 & 2028 : 4,2 %.

  • Inflation PCE :

    • 2025 : 2,9 %,

    • 2026 : 2,4 %,

    • 2027 : 2,1 %,

    • 2028 : 2,0 %.

  • Core PCE : 3,0 % en 2025, 2,5 % en 2026.

  • Taux des Fed funds (médiane) :

    • fin 2025 : 3,6 %,

    • fin 2026 : 3,4 %,

    • fin 2027–2028 : 3,1 %, pour un « long terme » à 3,0 %.

En résumé :

  • la Fed voit une croissance modérée mais positive,

  • un chômage juste un peu au‑dessus de son “plein emploi” (4,2 %),

  • une inflation qui ne revient à 2 % qu’en 2028,

  • et seulement une baisse de taux de 25 pb en 2026.

5.2 Ce que Powell a dit sur l’emploi… avant de voir ce NFP

Lors de la conférence du 10 décembre, Powell a insisté sur : Federal Reserve+1

  • Un marché du travail qui “continue de se refroidir graduellement”,

  • Un chômage qui a déjà monté de 0,3 point entre juin et septembre,

  • Des payrolls officiels autour de +40k/mois depuis avril, mais probablement surestimés d’environ 60k → tendance réelle proche de –20k/mois, selon les analyses internes de la Fed,

  • Des risques « à la fois à la hausse pour l’inflation et pour le chômage », d’où sa volonté d’être proche de la neutralité et de marquer une pause après la baisse de décembre.

Autrement dit, dans l’esprit de la Fed :

  • Le marché du travail devait continuer de se détendre,

  • Sans déraper vers une vague de licenciements massive.

5.3 Le NFP du 16/12 va‑t‑il dans le sens de la Fed ?

Globalement, oui, mais sur le fil :

  • Le chômage à 4,6 % est très proche de la prévision de 4,5 %, mais déjà au‑dessus. Bureau of Labor Statistics+1

  • L’emploi total qui ne progresse quasiment plus est cohérent avec l’idée d’un marché “low hire, low fire” que les économistes de la Fed décrivent. us.plus500.com+2Binance+2

  • La décomposition (santé & construction OK, industrie & transports en baisse, fonction publique en forte contraction) est compatible avec un scénario où le choc vient plus du budget fédéral et de certains secteurs que d’une implosion généralisée de la demande.

Mais plusieurs éléments poussent le rapport du côté le plus sombre du scénario Fed :

  • U6 à 8,7 %, temps partiel subi qui explose, participation qui ne remonte pas → plus de slack que ce que décrit le simple taux de chômage. Bureau of Labor Statistics+1

  • La moyenne 12 mois des créations d’emplois (78k) est au plus bas depuis le début de l’après‑Covid, ce qui, historiquement, n’est pas très loin des zones qui précèdent une récession. Advisor Perspectives

Donc : oui, ce NFP va dans le sens général de la Fed (un refroidissement), mais il flirte avec la frontière où ce refroidissement commence à devenir inquiétant.

6. Lecture macro & psychologique : « bad news is good news »… jusqu’où ?

6.1 Macro : un marché du travail qui approche un point de bascule ?

Les données historiques montrent qu’aux États‑Unis, les pics de chômage marquent souvent les récessions : 1971, 1975, 1982, 2009, 2020. L’analyse d’Advisor Perspectives rappelle que la trough (le point bas de la moyenne 12 mois du chômage) précède souvent de quelques trimestres le début d’une récession. Advisor Perspectives

Or :

  • Cette moyenne 12 mois a touché son plus bas en juin 2023,

  • Depuis, elle remonte et se situe maintenant net au‑dessus (4,56 % vs 4,23 % de moyenne 12 mois),

  • L’emploi progresse à peine, ce qui, combiné à une Fed qui est encore loin de l’accommodation, ressemble à un atterrissage très serré. Advisor Perspectives+1

Sur le plan macro pur, ce rapport suggère donc :

  • Un risque réel de ralentissement marqué en 2026,

  • Mais pas encore la dynamique de licenciements massifs typique des récessions profondes.

6.2 Psychologie de marché : trois peurs et un espoir

  1. Peur de rater le rally (FOMO)

    • Les méga‑caps tech (Tesla, Nvidia, etc.) continuent de grimper, attirant les flux même les jours de mauvais chiffres macro. Investopedia

  2. Peur de la récession

    • Les small caps, l’énergie, les financières, qui ont besoin d’une croissance réelle, réagissent mal aux signes de faiblesse de l’emploi. Reuters+2Investopedia+2

  3. Peur que la Fed fasse « trop »

    • Trop couper → Bostic met en garde contre le risque de relancer l’inflation et d’abîmer la crédibilité de la Fed, alors même que l’inflation reste au‑dessus de 2,5 % dans son scénario. Reuters+2uk.daiwacm.com+2

  4. L’espoir : la Fed a encore des munitions

    • Les marchés de taux pricent désormais ≈58 pb de baisses sur 2026, plus du double de ce que le SEP indique (25 pb). Reuters+1

    • Tant que l’inflation ne ré‑accélère pas, une partie des investisseurs reste convaincue que la Fed finira par se rapprocher des anticipations du marché.

Psychologiquement, on est donc dans un régime où :

la même statistique peut être interprétée comme une bonne nouvelle pour la Fed et une mauvaise nouvelle pour la croissance.

7. Qu’est‑ce que ça implique pour les taux en 2026 ?

7.1 Ce que disent la Fed et ses dissidents

  • Le SEP prévoit une seule baisse de 25 pb en 2026, pour un taux médian à 3,4 %. Federal Reserve+1

  • Powell insiste sur un taux « dans le haut de la zone de neutralité », ce qui lui permet de marquer une pause pour voir comment évolue l’économie. uk.daiwacm.com+1

  • Bostic, lui, estime que d’autres baisses risqueraient de relancer l’inflation et dit clairement qu’il n’anticipe aucune baisse supplémentaire en 2026. Reuters

Donc, officiellement, la Fed :

  • Se garde les mains libres,

  • Mais le centre de gravité actuel est plutôt « une ou deux coupes maximum » si l’inflation recule et que l’emploi ne se dégrade pas trop vite.

7.2 Comment le NFP du 16/12 modifie (ou pas) ce scénario ?

Le rapport donne des munitions aux deux camps :

  • Pour plus de baisses de taux :

    • chômage au‑dessus de 4,5 %,

    • création d’emplois anémique,

    • hausse du sous‑emploi, salaires qui ralentissent. eyeonhousing.org+2Advisor Perspectives+2

      → Tout cela renforce l’idée que le risque principal bascule vers l’emploi, ce qui plaide pour au moins deux coupes plutôt qu’une seule, comme le pensent déjà certains observateurs (Daiwa, Tasty, etc.). uk.daiwacm.com+1

  • Pour rester prudents :

    • l’inflation projetée reste au‑dessus de 2 % jusqu’en 2028 dans les scénarios Fed,

    • la Fed craint que des coupes trop rapides fragilisent sa crédibilité si l’inflation repart. fredblog.stlouisfed.org+2Federal Reserve+2

La conséquence la plus probable de ce rapport, si l’on se fie à l’histoire et aux signaux actuels, c’est :

La Fed va considérer que ce NFP valide les baisses déjà faites et celles “inscrites au SEP”, sans s’engager tout de suite sur des coupes supplémentaires.

Autrement dit :

  • Oui, ce rapport va plutôt dans le sens de la banque centrale.

  • Oui, il augmente la probabilité de nouvelles baisses si la même tendance se répète début 2026.

  • Mais non, il ne suffit pas à lui seul pour promettre un cycle de cuts agressif – surtout avec des voix comme Bostic qui freinent. Reuters+1

8. Conclusion : NFP aligné avec la Fed, mais plus anxiogène pour les actions

Si on synthétise :

  1. Macro

    • Le rapport décrit un marché du travail en phase de refroidissement avancé, mais pas encore en « chute libre ».

    • On reste grosso modo dans la trajectoire de la Fed (chômage ~4,5–4,6 %), avec un risque qui glisse un peu plus vers l’emploi.

  2. Politique monétaire

    • Le NFP confirme la logique des baisses de 2025 et rend crédible au moins une nouvelle coupe en 2026, comme dans les projections de décembre.

    • Il n’oblige pas la Fed à annoncer tout de suite un cycle de cuts plus agressif, surtout tant que l’inflation de base reste autour de 2,5 % et que certains membres redoutent une rechute inflationniste.

  3. Marché & psychologie

    • Pour les traders actions, c’est un rapport “trop mauvais pour être vraiment bon, pas assez catastrophique pour déclencher un pivot violent”.

    • D’où ce mélange de soulagement monétaire (taux qui baissent, dollar plus faible) et de malaise croissant sur l’emploi, qui se traduit par un S&P 500 en léger repli plutôt qu’en rally.

En résumé :

  • Oui, le rapport va globalement dans le sens de la Fed.

  • On peut raisonnablement espérer des baisses de taux supplémentaires en 2026, si les prochains mois confirment cette tendance de refroidissement de l’emploi et de désinflation progressive.

  • Mais le bond du chômage à 4,6 %, la montée du sous‑emploi et la stagnation des créations d’emplois rappellent que, dans ce régime « bad news is good news », on se rapproche dangereusement du point où la mauvaise nouvelle redeviendra simplement… une mauvaise nouvelle pour le marché.

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