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Les signaux de trading, est-ce-que ca fonctionne ?

19 novembre 2025 par
Les signaux de trading, est-ce-que ca fonctionne ?
Maxence
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Les signaux de trading, est‑ce que ça fonctionne ?

Réponse honnête : un signal n’est pas une stratégie — voici quand (et comment) l’utiliser sans se brûler

EMT – Financial School | Centre d’excellence en finance de marché & trading

Résumé en 30 secondes

  • Oui, parfois : un signal peut être un déclencheur utile (alerte, niveau, pattern) s’il s’insère dans un processus Risk‑First (taille, stop, coûts, journal).

  • Non, souvent : pris “tel quel”, les signaux échouent pour la plupart des particuliers (coûts, slippage, incompatibilité de style/horaires, non‑stationnarité de l’edge, discipline absente).

  • La règle d’or EMT : on n’achète jamais un P&L. On teste, on mesure l’espérance après coûts, et on n’exécute que ce qu’on peut contrôler.

1) De quoi parle‑t‑on exactement ?

Signal = information déclenchante : “si X alors Y”. Exemples :

  • Niveaux & patterns : cassure de range, rejet sur MA20/50, divergence RSI.

  • Flux/quant : breakout statistique, spread VWAP, filtre de volatilité.

  • Social/copy : alertes Telegram, “copy‑trading” de comptes publics/privés.

  • Bots/IA : algos qui envoient un “BUY/SELL” selon règles internes.

Un signal n’est pas une stratégie : il manque au minimum la taille de position, l’invalidation (stop), l’objectif, le time‑stop et un cadre de coûts.

2) Pourquoi tant de signaux déçoivent en réel

  1. Coûts & slippage : le spread/glissement mangent l’edge, surtout en intraday.

  2. Timing : vous recevez/traitez l’info plus tard que l’émetteur (time‑zone, latence).

  3. Non‑stationnarité : ce qui marche un trimestre cessera souvent (régimes de marché).

  4. Incompatibilité : votre capital, vos frais, vos horaires ≠ ceux du fournisseur.

  5. Biais : survivance (on voit les gagnants), sélection après coup, courbes “lissées”.

  6. Discipline : sans règles écrites, l’humain “optimise”… surtout ses erreurs.

3) L’équation qui tranche (et que vous devez calculer)

Espeˊrance E=p×G−(1−p)×P−couˆts\textbf{Espérance } E = p \times G - (1-p)\times P - \text{coûts}Espeˊrance E=p×G−(1−p)×P−couˆts

  • ppp : % de gagnants ; GGG : gain moyen (en R) ; PPP : perte moyenne (≈ 1 R si vos stops sont standardisés).

  • Cibles EMT : E ≥ 0,15 R (après coûts) et coûts/trade ≤ 10–15 % de R.

Exemple

Signal “breakout M30” : p=44%p=44\%p=44%, G=1,6RG=1{,}6RG=1,6R, coûts = 0{,}25R (intraday illiquide) →

E=0,44×1,6−0,56×1−0,25=−0,15RE=0{,}44\times1{,}6 - 0{,}56\times1 - 0{,}25 = \mathbf{-0{,}15R}E=0,44×1,6−0,56×1−0,25=−0,15R (perdant).

Même idée sur Daily avec coûts = 0{,}10R → E=+0,06RE=\mathbf{+0{,}06R}E=+0,06R (faible mais positif).

Morale : l’horizon et la liquidité font (ou tuent) l’edge d’un signal.

4) Quand un signal peut‑il aider ?

  • Comme filtre/alerte dans un processus que vous maîtrisez (ex. “alerte pullback MA20/50” → vous exécutez votre plan).

  • Pour industrialiser la détection (screeners), pas pour déléguer la décision.

  • En swing EOD (moins de bruit, coûts dilués) plutôt qu’en scalping retail.

  • En options à débit (risque défini) si vous comprenez Greeks et scénarios.

5) Comment transformer un signal en trade pro (cadre EMT)

  1. Playbook if/then : décrire contexte, déclencheur, entrées/stops/objectifs.

  2. Taille : R = 0,25–1 % du capital par trade.

  3. Coûts : n’exécuter que si coûts ≤ 10–15 % de R (spread+commission+glissement).

  4. Fenêtres de marché : heures de liquidité (ouverture/clôture, overlap FX).

  5. Time‑stop : si le scénar ne part pas en X bougies, sortie.

  6. Journal : tag “source : signal”, capture avant/après, respect du plan (oui/non).

  7. Gates : 50/100/200 trades valides avant d’augmenter la taille.

6) Due diligence : évaluer un fournisseur de signaux/copy

  • Traçabilité : historique vérifiable (statements, time‑stamp), pas des captures isolées.

  • Métriques : max drawdown, profit factor, % gagnants, E après coûts, taille moyenne.

  • Risque : refusez les courbes “droites” nourries à la martingale (explosent tôt ou tard).

  • Capacité : actifs liquides (sinon front‑run/slippage).

  • Règles écrites : quand ne pas exécuter (news, spread > seuil, corrélations).

  • Alignement : l’émetteur trade‑t‑il réel ? Même frais ? Même horaires ?

  • Conformité/éthique : pas de promesses de gains, pas de conflits grossiers.

7) Copy‑trading : si vous insistez, faites‑le proprement

  • Plafond par signal : 0,25–0,5 % du capital ; plafond portefeuille : 1,5–2 % si positions corrélées.

  • Filtres automatiques : ignorer signaux hors fenêtres liquides, ou spread > seuil.

  • Stop‑jour/semaine : −3 R / −8 à −10 R.

  • Revue mensuelle : couper tout fournisseur avec E ≤ 0 sur ≥ 50 trades ou DD > 10 R.

  • Évitez les signaux “scalping HFT‑like” — coûts et latence vous mettent hors‑jeu.

8) Plan 30 jours pour tester un signal sans danger

Sem. 1Paper‑trading & cadre

  • Écrire votre Signal‑to‑Trade Policy (R, stops, coûts, fenêtres).

  • Backtest visuel 20–30 cas avec coûts.

Sem. 2Micro‑réel

  • 6–12 exécutions max, ordres bracket ; journal complet.

Sem. 3Mesure

  • Calculer E, PF, % respect des règles, coûts (en % de R). Retirer les contextes perdants.

Sem. 4Décision

  • Si E ≥ 0,15 R et DD ≤ 10 R → continuer à même taille (pas de FOMO).

  • Sinon → stop ou pivot (changer d’horizon, d’actifs, de fenêtres).

9) Erreurs courantes (et antidotes)

ErreurEffetAntidote EMT
Exécuter “à l’aveugle”P&L erratiquePlaybook, R petit, stops & time‑stops
Croire au “bot miracle”Sur‑levier, blow‑upGates 50/100 trades, couper si E ≤ 0
Ignorer les coûtsEdge mangéCoûts ≤ 15 % de R, actifs liquides
Copier un fuseau horaireSlippage massifN’exécuter que vos fenêtres liquides
Martingale cachéeCourbe trop belle → ruineRefuser, vérifier DD et sizing
Pas de journalAucune améliorationJournal + revue hebdo obligatoires

10) La position d’EMT – Financial School

Nous n’encourageons pas le “signalisme” passif. Nous vous apprenons à convertir une alerte en décision professionnelle :

  • Risk‑First (R, stops, limites, corrélations, coûts),

  • Playbooks et checklists “Signal → Trade”,

  • Ateliers (coûts réels, timing, microstructure),

  • Revues qui valident (ou disqualifient) un fournisseur par métriques, pas par storytelling.

    Aucune promesse de gains ; seulement un cadre qui vous protège et vous rend autonome.

Conclusion

Les signaux peuvent fonctionnerdans un système. Seuls, ils vous donnent surtout l’illusion d’un raccourci. Professionnalisez l’usage : R petit, coûts sous contrôle, règles écrites, journal, gates de validation. Si le signal améliore votre espérance et respecte vos contraintes, gardez‑le. Sinon, abstenez‑vous — c’est aussi un trade.

Check‑list “Signal → Trade” (à imprimer)

  • Contexte clair (marché, horizon, fenêtres liquides)

  • Entrée/stop/objectif/time‑stop définis

  • R = 0,25–1 % ; coûts ≤ 10–15 % de R

  • Ordres bracket ; stop‑jour −3 R, stop‑semaine −8 à −10 R

  • Journal (tag “signal”), revue hebdo

  • Gates : E ≥ 0,15 R, DD ≤ 10 R sur ≥ 50 trades

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