C’est quoi l’overtrading — et comment l’éviter ?
Réponse honnête : l’overtrading, c’est trader trop (ou trop gros) par rapport à un plan. On le guérit avec des quotas, des fenêtres, des coupes‑circuits et des métriques — pas avec la volonté.
EMT – Financial School | Centre d’excellence en finance de marché & trading
Résumé en 30 secondes
Définition : l’overtrading survient quand le nombre de décisions, la taille ou la fréquence des trades dépasse ce que votre process et votre statistique peuvent absorber.
Conséquence directe : explosion des frictions (spread + commissions + slippage) et chute de la qualité des signaux → espérance qui s’érode, discipline qui baisse.
Remède EMT : R = 0,25–1 % par trade, stop‑jour −3 R, stop‑semaine −8 à −10 R, coûts ≤ 10–15 % de R, discipline ≥ 80–85 %. Quotas 3–6 décisions par fenêtre, fenêtres horaires fixes, check‑lists de 30 s, PNL caché, brackets par défaut.
1) L’overtrading en 2 formes
Hyper‑activité : multiplier les clics hors plan (ennui, FOMO, “je rattrape”), passer de A‑setups à des C‑setups.
Sur‑dimensionnement : augmenter la taille ou empiler des positions corrélées (même idée déclinée), ce qui revient à sur‑trader le même risque.
Idée‑clé : plus de trades ≠ plus d’opportunités. Au‑delà d’un seuil, chaque ordre mange votre edge par les coûts et la fatigue.
2) Pourquoi c’est toxique (mécanique, pas morale)
Frictions qui s’additionnent : chaque ordre consomme du spread, de la commission et du slippage.
Qualité des décisions qui décroît : on accepte des setups B/C, on clique hors fenêtres liquides.
Biais amplifiés : FOMO, vengeance, sur‑confiance après une série verte.
Risque corrélé : 4 positions “différentes” mais pilotées par le même moteur → drawdown soudain.
Fatigue : charge cognitive, baisse de l’auto‑contrôle → erreurs d’exécution.
3) Diagnostiquer l’overtrading (objectivement)
| Test | Seuil d’alerte EMT | Ce que ça signifie |
|---|---|---|
| Décisions / fenêtre | > 6 (hors plan) | Vous chassez le bruit |
| Trades hors fenêtres | > 0 | Le timing pilote, pas votre plan |
| Discipline (trades conformes / total) | < 80 % | Le process cède |
| Coûts / trade (spread+commissions+slippage) | > 10–15 % de R | Les frictions mangent l’edge |
| Espérance (E) sur les 30–50 derniers trades | ≤ 0 | Qualité dégradée |
| Risque portefeuille (corrélations) | > 1,5–2 % au total | Sur‑trading du même thème |
Deux cases rouges → pause immédiate + revue. Trois → off pour la journée.
4) Le protocole Anti‑Overtrading EMT (prêt à l’emploi)
A) Cadre Risk‑First
R fixe par trade = 0,25–1 % du capital.
Stop‑jour : −3 R ; stop‑semaine : −8 à −10 R (coupure automatique).
Risque portefeuille (corrélations) ≤ 1,5–2 %.
B) Fenêtrage & quotas
1–2 fenêtres par jour (ex. 9:00–10:30 & 15:00–16:30).
Quota : 3–6 décisions max / fenêtre. Si atteint → fin de la fenêtre.
C) Playbook 1 page (par setup)
Contexte if/then, niveaux, invalidation, time‑stops, objectifs, no‑trade list (news/horaires/actifs).
Interdit : moyenne à la baisse ; accepter les partiels plutôt que de forcer l’exécution.
D) Exécution qui vous protège
Ordres bracket/OCO par défaut (entrée + stop + cible).
PNL caché en séance ; affichez R, niveaux et temps restant du time‑stop.
Alertes serveur → validation → exécution (pas de chasse au marché).
E) Hygiène & environnement
Zéro réseau social en séance ; un layout minimal (1 graphique décision + ticket d’ordres).
Pause 10–15 min après −2 R cumulé, même si le quota n’est pas atteint.
5) Check‑lists de 30 secondes
Pré‑trade (5 cases)
Fenêtre ouverte ?
Setup = A‑setup (critères cochés) ?
Taille = R défini ?
Bracket posé (stop, cible, time‑stop) ?
Coûts estimés ≤ 15 % de R ?
Post‑trade (3 cases)
Conforme au plan ?
Erreur d’exécution ou de contexte ?
Capture enregistrée + émotion taguée (FOMO, peur, ennui, etc.) ?
6) Tableau “symptôme → cause → correctif”
| Symptomatique | Cause | Correctif EMT |
|---|---|---|
| 10+ trades en 90 min | Ennui/FOMO | Quota 3–6 ; alertes ; quitter l’écran hors fenêtres |
| Entrées sur chandelles étirées | Chasse au prix | Règle “pas de bougie > 2× ATR” ; attendre pullback |
| Positions empilées sur même thème | Risque corrélé | Limite portefeuille ≤ 2 % ; 1 idée = 1 exposition |
| Doubler après une perte | Vengeance | Stop‑jour −3 R ; taille fixe ; pause 30 min |
| Pertes “grignotées” par les frais | Sur‑trading | TCA hebdo ; fenêtres liquides ; limit plutôt que market |
7) Plan 7 jours pour arrêter l’overtrading
Jour 1 — Réglages
Écrivez votre playbook (1 page) ; définissez fenêtres & quota.
Activez brackets par défaut ; masquez le PNL.
Jours 2–3 — Discipline
2 fenêtres/jour, max 3–6 décisions. No‑trade si A‑setup absent.
Journal minimal (3 lignes + capture).
Jours 4–5 — Mesure
Calculez coûts en % de R ; notez discipline %.
Supprimez un contexte qui mange l’edge.
Jours 6–7 — Stabilisation
Répétez le protocole ; si discipline ≥ 80 % et coûts ≤ 15 % de R, conservez ce rythme une semaine de plus avant tout ajustement.
8) Foire aux questions
“Si je trade moins, je ne raterai pas des opportunités ?”
Vous raterez surtout des mauvaises. L’edge vient de quelques A‑setups bien exécutés.
“Et si je suis en série verte ?”
On n’augmente pas la taille pour “profiter” : on respecte le quota. Le scaling se décide après 100 trades avec E ≥ 0,15 R et Max DD ≤ 10 R.
“Le copy‑trading me protège de l’overtrading ?”
Non. Sans fenêtres, quotas et risque plafonné, vous sur‑cliquerez… par procuration.
9) La signature EMT – Financial School
Nous transformons l’overtrading en variable contrôlée :
Risk‑First (R, coupes‑circuits, corrélations, coûts),
Playbooks if/then, check‑lists, journaux avec post‑mortems,
Gates 50/100/200 trades avant toute montée de taille,
TCA (Transaction Cost Analysis) pour vérifier que vos frictions restent ≤ 10–15 % de R.
Conclusion
L’overtrading n’est pas un défaut de caractère ; c’est un défaut de cadre. En installant fenêtres, quotas, brackets, PNL caché et coupe‑circuits, vous remplacez l’impulsion par un rythme — celui d’un opérateur professionnel. C’est exactement l’approche d’EMT – Financial School : une méthode mesurée, répétable, vivable.
Mémo imprimable — “Anti‑overtrading”
R = 0,25–1 % ; −3 R/jour ; −8 à −10 R/semaine
3–6 décisions max / fenêtre ; 2 fenêtres / jour
PNL caché ; brackets/OCO par défaut ; time‑stops
No‑trade list (news/horaires/actifs)
TCA hebdo ; coûts ≤ 10–15 % de R
Discipline ≥ 80–85 % (KPI n°1)
Risque portefeuille ≤ 1,5–2 % (corrélations)
Journal 3 lignes + capture ; pause après 2 écarts au plan
Mentions pédagogiques : le trading comporte un risque de perte en capital, notamment sur produits à effet de levier. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
